Un an plus tard : des nouvelles de Keith MacIsaac

11/29/2018

Keith MacIsaac est le premier lauréat de la bourse d’études Medavie en l’honneur de Pierre-Yves Julien; au moment de recevoir la bourse, il était étudiant de première année au programme de ludothérapie à l’Université Dalhousie à Halifax et membre de la Laing House, un organisme de soutien par les pairs pour les jeunes qui vivent avec une maladie mentale. L’obtention de cette bourse a permis à Keith de poursuivre ses études sans avoir à se soucier de sa situation financière; il pouvait ainsi consacrer toute son énergie à ses études et au maintien d’une bonne santé mentale. Un an plus tard, il excelle sur le plan scolaire et possède les outils dont il a besoin pour bien gérer sa santé mentale.

Assis dans un café à Halifax lors d’un matin ensoleillé, Keith rayonne de bonheur et de sérénité en parlant de sa vie et de ses plans d’avenir. Il entame actuellement sa deuxième année d’études au programme de ludothérapie de l’Université Dalhousie avec une perspective claire et nette de sa vie et de son avenir; une vision bien différente de celle qu’il avait il y a quelques années.

« Les personnes qui me connaissaient à cette époque ne me reconnaîtraient pas, affirme Keith. J’excelle maintenant sur le plan scolaire et je possède les outils dont j’ai besoin pour prendre soin de moi. Maintenant, je vois plus loin que demain ou après-demain, je peux faire des plans sur cinq ou dix ans, chose que je n’aurais jamais pu faire il y a quelques années. »

Un de ses objectifs est de faire une maîtrise en ergothérapie après avoir complété son programme de ludothérapie.

« Plus je me renseigne sur l’ergothérapie, plus je crois qu’il s’agit du domaine qui me convient, affirme-t-il. En plus d’offrir de bonnes possibilités d’emploi, cette profession semble présenter le parfait équilibre entre le travail social, les loisirs et la physiothérapie. »

Il confie avoir trouvé sa première année d’études en ludothérapie enrichissante, car il a pu en connaître plus sur différents types de loisirs et sur l’utilisation de ceux-ci dans un cadre thérapeutique.

« Ce qui rend ce champ d’études aussi intéressant est le fait que le jeu et les loisirs sont des concepts très subjectifs. Par exemple, une personne pourrait avoir comme activité préférée la course à pied alors que son voisin pourrait détester cette activité et plutôt préférer jouer d’un instrument de musique. Chaque personne est différente. »

Au cours de sa première année d’études, Keith a appris un terme qui l’a beaucoup interpellé : « flux ».

« Généralement, les gens réalisent qu’ils sont en train de vivre un état de flux lorsqu’ils perdent la notion du temps en pratiquant une activité et, généralement, cet état se produit dans le cadre d’une activité qu’ils aiment faire, explique-t-il. C’est un état de performance optimale. »

Pour sa part, Keith atteint l’état de flux lorsqu’il cuisine une nouvelle recette, fait une randonnée en nature ou partage ses expériences liées à la maladie mentale avec d’autres jeunes.

Laing House

La Laing House a joué un rôle important dans le rétablissement de Keith, c’est pourquoi il tient à rester impliqué. Il continue à participer à ses programmes Youth Speak et sera conférencier lors du Laing House Masquerade Ball 2018, un événement qui vise à lutter contre la stigmatisation liée aux problèmes de santé mentale et à recueillir des fonds pour la Laing House.

« Je suis toujours heureux de partager mes expériences avec les autres, car j’espère que mon histoire puisse aider quelqu’un qui vit des épreuves, affirme-t-il. C’est important pour moi de redonner aux autres, mais je trouve que de parler de mes expériences personnelles est aussi thérapeutique pour moi. »

Keith tient à souligner le rôle important que jouent les ressources comme la Laing House.

« Un des meilleurs aspects de la Laing House est de pouvoir entrer et rencontrer des personnes qui se situent à différents stades de rétablissement, observe-t-il. Le fait de voir des personnes en rétablissement ou guéries suscite beaucoup d’espoir chez les nouveaux participants. Même les participants qui ont réintégré la collectivité restent en contact avec la Laing House et visitent régulièrement les personnes avec qui elles ont tissé des liens. »

Keith est conscient des expériences de vie qu’il a traversées en tentant de faire son entrée dans le monde professionnel tout en luttant contre la maladie mentale, et il est convaincu que son vécu sera un atout pour lui lorsqu’il intégrera le marché du travail.

« Je suis heureux d’avoir la possibilité d’atteindre mon plein potentiel, déclare-t-il en souriant. Mes objectifs deviennent de plus en plus grands au fur et à mesure que j’atteins mes plus petits buts. Maintenant, je veux en faire plus. »

Pour Keith, tout est possible.